L
e mot du Secrétaire Général


Un effort dans la continuité


Paul Kampakol
Secrétaire général du Forum
des Jeunes Entreprise
du Congo.


Quel dispositif pour la promotion des entreprises innovantes au Congo

Expérience du Forum des Jeunes Entreprises du Congo
La promotion du secteur privé en général et celle des PME innovantes en particulier, nécessite la mise en place d’un dispositif complexe et diversifié d’accompagnement.

Prendre en compte la complexité du processus, c’est porter attention à l’extraordinaire diversification des initiatives, des compétences qu’elles mettent en jeu et des besoins auxquels elles répondent. C’est aussi identifier les niveaux d’initives et de performances qui vont de l’AGR à la PME et qui requièrent des accompagnements culturels et des appuis professionnels nettement spécifiques.

La spécificité de la PME en terme de contraintes, d’environnement institutionnel, de gestion des ressources humaines, de besoins de financement, de performance technico-économique, d’ambitions commerciales, d’intégration des économies africaines au commerce sous-régional, continental et mondial, doit être mise en évidence et prise en charge par des dispositifs appropriés.

UN DISPOSITIF EST UN ENSEMBLE COHERENT DE STRUCTURES QUI RENDENT DES SERVICES D’APPUIS DIVERSIFIES ET ARTICULES AUX ENTREPRISES.

Les dispositifs mis en place sont nécessairement des cadres permanents de concertation et de coopération entre :

  • Les entreprises
  • Les organisations professionnelles
  • Les initiatives sociales
  • Les structures d’appui spécialisées et leur coordination
  • Services financiers
  • Services non financiers
  • Centre de ressources professionnels
  • Observatoires économiques (des marchés)
  • Les systèmes d’enseignement et de formation technique et professionnelle
  • Les chambres consulaires
  • Les pouvoirs locaux
  • Les ministères techniques
  • Les centres de recherche et d’innovation technologique : les chercheurs trouvent et les entrepreneurs exploitent !

 COMPLEXITE

La reconnaissance dans chaque situation concrète des compétences, des dynamiques et des capacités d’action de chacun des acteurs du dispositif et des relations qui s’établissent entre eux doit faire l’objet d’évaluations et de concertations régulières en vue de son adaptation permanente et de son articulation réelle.

Le Fjec est lui-même un dispositif en ce qu’il s’est développé en proposant aux créateurs d’entreprise un ensemble de services articulés. Il a commencé en mettant en place des services de sensibilisation, de formation, d’appui conseil et d’accès au financement.

On peut penser qu’au Congo, le dispositif est complet avec l’existence des structures d’appui (qui offrent des services non financiers) et des établissements de micro finance à qui l’on confie aisément la charge de financement  des micro, petites et moyennes entreprises… !

Déjà, sans vouloir s’étendre sur les appuis financiers, il ne faudrait pas se gêner de dire que la partie financement des entreprises au Congo est incohérente. Aucun établissement financier dans notre pays n’offre des produits adaptés aux créateurs ou porteurs de projets (innovants) d’entreprises. Les ressources disponibles (qui doivent être des ressources longues) sont inexistantes. Mais ça, c’est un autre sujet !
Revenons sur les structures d’appuis non financiers :
On devrait trouver :

  • Des structures de formation, information et sensibilisation dont la fonction principale est d’orienter méthodiquement les créateurs vers les savoirs faire existants dans différents domaines. Ces structures jouent le rôle de veille économique et technologique, favorisant la naissance de l’entreprenariat.

  • Des structures d’appui conseil et de suivi qui ont pour rôle d’aider les futurs entrepreneurs à réaliser les études de faisabilité de leur projet, rechercher les meilleurs financements adaptés à chaque projet, mettre en place les outils de gestion « coacher » les entrepreneurs dans la gestion financières de leur projet. C’est le cas des CGA ou des boutiques de gestion.
  • Les structures d’encadrement et d’accompagnement dont la fonction principale serait d’offrir aux créateurs toutes les chances pour une réussite de leurs activités. Elles offrent, soit directement, soit en partenariat avec les autres structures, tous les appuis dont un entrepreneur a besoin, depuis la phase test de l’idée jusqu’à la réalisation totale du projet, tout juste avant sa phase de développement. C’est ici qu’on parle des pépinières d’entreprise et d’incubateur.

Une pépinière d’entreprise est une structure destinée à faciliter la création d’entreprises en apportant un soutien technique et financier, des conseils et des services. Ces structures sont apparues en France au début des années 1980, d’abord au sein des structures de valorisation de la recherche, puis se sont répandues avec un portage juridique assuré par les collectivités locales désireuses de favoriser la création d’activités et d’emplois sur leur territoire.

Les services consistent le plus souvent à proposer des bureaux, parfois des locaux d’activités ou de stockage, des services logistiques mutualisés (accueil, salles de réunion, …) et des services d’accompagnement (conseils, formation, intégration dans les réseaux économiques, …). Soutenues par des acteurs publics, elles appliquent une tarification avantageuse pour une période limitée (4 ans maximum).

Un incubateur d’entreprises est une structure d’accompagnement de projets de création d’entreprises. L’incubateur peut apporter un appui en termes d’hébergement, de conseil et de financement, lors des premières étapes de la vie de l’entreprise.

A la différence d’une pépinière d’entreprises ou d’un hôtel d’entreprises, un incubateur s’adresse à des sociétés très jeunes ou encore en création, et leur propose un ensemble de services adaptés.

Une couveuse permet de tester une idée d’entreprise, les couveuses sont adressées pour les candidats qui ont besoin de :

  • Tester leur activité notamment dans le cadre de l’exploitation d’une innovation
  • Prendre d’une façon plus rationnelle la décision de créer ou non leur entreprise
  • Apprentissage concret du métier de Chef d’entreprise en acceptant un accompagnement serré autour de la gestion au réel de l’activité naissante.

Le Fjec ne prétend être ni une pépinière, ni un incubateur, ni encore une couveuse. Mais un serveur de réseau de Centre de ressources professionnels.

Nous appelons Centre de Ressources Professionnel un dispositif comprenant :

  • Un milieu organisé de professionnels concernés
  • Un centre de services qui leur sont rendus sur la base d’une identification participative de leurs besoins.

La mission des CRP est de mettre en place localement des dispositifs de recherche-action intégrant :

  • La formation des acteurs concernés
  • L’innovation technique et organisationnelle (élaboration de modèles technico-économiques insérables dans le processus local de développement)
  • L’articulation des filières
  • La structuration des marchés
  • L’adaptation des systèmes de financement
  • L’animation sociale (ingénierie des relations)
 

La mise en œuvre du concept de CRP nous paraît devoir jouer dans un rôle tout à fait essentiel.
Il est l’outil par excellence des associations  professionnelles et des structures d’appui
Il est par définition un dispositif de recherche-action
Il est conçu pour affronter la complexité
Il est polyvalent. Non dans le sens qu’il devrait tout faire tout seul, mais ce qu’il est en position de terrain pour assumer l’ensemble des problèmes et favoriser la convergence et l’articulation des services rendus ou à rendre aux entreprises.
Il peut rendre des services appropriés de suivi des entreprises.

Il peut accueillir les nouveaux entrepreneurs en fin de formation et préparer leur insertion professionnelle, métier par métier et terroir par terroir.

ET DONC, COMMENT ALORS LE FJEC PROMEUT LES ENTREPRISES INNOVANTES :

  • A travers les CRP èencadrement technique et professionnel par les professionnels ;
  • Par la mise en place d’un système de financement adapté :

è L’expérimentation d’un fonds d’incubation pour permettre aux entreprises innovantes de finaliser leur modèle économique ;
è La participation au Capital des entreprises avec des prêts en compte courant d’associé ;
è Le financement de l’exploitation à travers la caisse de participation à la promotion des entreprises et à leur (CAPPED).

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